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ÞÏíã 02-11-2008, 10:31 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 11
ÇÝÊÑÇÖí

sa tasse.
— Il pleuvait le jour de l’accident.
— Elle m’en a parlé avant de s’endormir. Elle m’a raconté ce qui s’était passé, son voyage en ambulance…
— Ainsi, elle était consciente, murmura-t il d’une voix sourde. Je l’ignorais.
— Sauf objection de votre part, je suis d’accord pour rester, reprit Meredith après un silence. Mais à une condition…
Cooper haussa un sourcil.
— Même si vous êtes en désaccord avec moi au sujet de Holly, j’aimerais que vous preniez la peine d’écouter mes arguments avant de dire non.
— Depuis quand les employés dictent-ils leurs conditions ? demanda-t il sèchement.
Elle esquissa un sourire.
— Les négociations sont à la base de toute relation harmonieuse au sein d’une entreprise.
Le regard sombre de Cooper effleura son chemisier bleu pâle, et s’arrêta brièvement sur son décolleté.
— Vous auriez dû être avocate.
— C’est une petite concession, Cooper, mais j’y tiens. Libre à vous d’engager quelqu’un d’autre.
Elle retint son souffle, dans l’attente de sa réponse.
Cooper plissa les paupières, puis ses épaules se détendirent.
— Ma fille semble s’être attachée à vous, sinon elle ne se serait pas réfugiée dans votre chambre cette nuit. J’accepte donc vos conditions… pour le bien de Holly.
Elle lui tendit la main d’un geste à la fois neutre et professionnel.
— Marché conclu.
Mais lorsque les doigts de Cooper se refermèrent sur les siens et que leurs regards se rencontrèrent, ses pensées furent tout sauf neutres et professionnelles. Cooper réveillait en elle une féminité qu’elle croyait perdue. Cela tenait peut-être à sa stature imposante ou à la rudesse de ses traits. Ou plus simplement à sa personnalité. On devinait en lui un homme solide, fort, sur lequel on pouvait compter… Un homme qui croyait certainement à la fidélité.
Lorsqu’il relâcha sa main, la chaleur de sa paume perdura un moment sur la peau de la jeune femme.
— Vous allez au magasin aujourd’hui ? demanda-t elle.
— Non, le samedi, je préfère travailler à l’atelier.
— Je dois passer chez le boucher. Si vous voulez, je peux déposer Holly chez son amie.
Cooper but une gorgée de café, puis plongea son regard dans le sien.
— Vous me mettez à l’épreuve, ou vous essayez seulement de me simplifier la vie ?
Il y avait une note d’ironie dans sa voix.
— Les deux, je suppose.
Il se leva et posa sa tasse dans l’évier.
— Je vous laisse conduire Holly chez Marsha. Mais n’abusez pas trop de votre avantage, sinon vous pourriez subir un sévère retour de bâton.
Ses paroles se voulaient un avertissement, mais elle ne les prit pas ainsi. Elle les considéra comme un défi à relever et attendit avec impatience le prochain affrontement.
Meredith déposa Holly chez son amie, et s’arrêta à la boucherie avant de rentrer. Tout en enveloppant la viande pour la congeler, elle remercia mentalement Becca pour ses conseils avisés. A chacune de ses visites, le boucher lui donnait des recettes simples et succulentes, qu’elle notait scrupuleusement sur un petit carnet.
Elle rangea les précieuses instructions dans un tiroir, puis jeta un coup d’œil à sa montre. Elle avait le temps de faire un peu de ménage avant de préparer des sandwichs pour le déjeuner.
La jeune femme époussetait les rayons de la bibliothèque quand une voiture s’arrêta sur la route, juste devant la maison. Elle vit le véhicule s’éloigner à vive allure et aperçut une forme blanche, près du portail. Pendant un instant, elle envisagea de ne pas y prêter attention, puis…
Laissant la porte d’entrée ouverte, Meredith remonta l’allée pavée et remarqua un sac en plastique. Des miaulements aigus s’en échappaient. Deux minuscules chatons étaient enfermés à l’intérieur. Ils ne devaient pas avoir plus de deux ou trois semaines. Par chance, ils étaient vivants.

Meredith les nicha au creux de son bras et regagna la maison en courant.
Cooper se lavait les mains dans l’évier de la cuisine.
— Je vais aller acheter quelque chose à manger. Il n’y a aucune raison que vous vous chargiez du déjeuner quand Holly n’est pas là.
Il ferma le robinet, se retourna et s’immobilisa.
— Qu’est-ce que c’est que ça ?
— Des chatons. On les a abandonnés devant la porte.
J’ai besoin du numéro de téléphone de votre vétérinaire. Il s’essuya les mains et s’approcha.
— Ils sont minuscules. Les chances de les sauver sont très minces. Vous êtes sûre de… ?
— Ils vivront. Je ne veux même pas imaginer qu’il en soit autrement !
Des larmes lui montèrent aux yeux.
Ses deux fausses couches lui avaient appris combien la vie était précieuse. Tant qu’il y aurait une lueur d’espoir, elle refuserait de s’avouer vaincue. Cooper la prit aux épaules.
— Hé ! Que vous arrive-t il ?
— Nous pouvons les sauver, Cooper. J’en suis sûre !
Il la dévisagea pensivement, puis la relâcha.
— D’accord. Attendez-moi ici.
Meredith berça les chatons et les caressa jusqu’à ce que Cooper revienne avec une boîte à chaussures, une serviette-éponge et une paire de gants en caoutchouc.
— Comment peut-on être assez cruel pour se débarrasser de deux créatures aussi adorables ? murmura Meredith, après avoir installé les petits chats dans le carton.
Cooper sortit une boîte d’épingles d’un tiroir.
— Leur mère est peut-être morte.
— Ce n’est pas une excuse !
Il déploya l’un des gants et troua l’extrémité de l’un des doigts.
— Faites tiédir du lait et coupez-le avec un peu d’eau.
Meredith remplit une coupelle et la posa dans le micro-ondes. Après s’être assurée que le lait était à la bonne température, elle tendit la soucoupe à Cooper. Il versa le liquide dans l’un des doigts, puis présenta le biberon improvisé au premier chaton, qui se mit aussitôt à téter. Cooper remplit l’autre gant et le tendit à Meredith pour qu’elle fasse de même avec le deuxième petit chat.
Pendant qu’ils buvaient tous les deux, Meredith leva les yeux vers Cooper.
— Ils vont s’en sortir.
— Pourquoi y attachez-vous autant d’importance, Meredith ?
Les yeux bruns fixés sur elle ne lui laissaient aucune chance d’esquiver sa question ou de fuir.
— Parce que je… Sa détresse était si profondément enfouie tout au fond de son cœur qu’elle ne parvenait plus à l’extérioriser.
Comme s’il devinait qu’elle avait besoin d’être encouragée, Cooper effleura sa joue.
— Meredith ?
Les mots franchirent subitement ses lèvres.
— J’ai fait deux fausses couches. J’ai tout tenté pour ne pas perdre mes bébés, mais… Il devait être écrit que je n’aurais jamais d’enfant, je suppose. Je me suis sentie tellement impuissante…
Il l’enveloppa d’un regard compréhensif.
— Je suis désolé.
Des larmes montèrent aux yeux de la jeune femme. Quatre années s’étaient écoulées, et pourtant il lui semblait que c’était hier.
— Je croyais avoir surmonté ma peine.
— Et il n’en est rien, conclut-il gentiment.
Elle reprit convulsivement son souffle.
— Ce sentiment de perte m’habitera toujours. Je ne pourrai jamais oublier, même si je prétends le contraire.
Cooper lui caressa la joue. La douceur de son geste l’apaisa, et pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas elle-même, elle eut soudain l’impression de le connaître depuis toujours.
Tout à coup, il recula.
— Je dois avoir une bouillotte quelque part. Je vais la chercher.
Dès qu’ils étaient sur le point de se rapprocher, il battait en retraite. Si elle avait été raisonnable, elle aurait gardé ses distances, elle aussi. Mais la raison n’avait aucune place dans les émotions que Cooper éveillait en elle.
Le premier chaton cessa de téter et se roula en boule. Meredith le caressa doucement du bout du doigt. Son petit frère l’imita peu après et ils s’endormirent tous les deux en ronronnant doucement.
Tout en fouillant dans le placard du couloir, Cooper ne cessait de penser à sa conversation avec Meredith, et à son envie grandissante de l’embrasser. Jusqu’ici, il avait réussi à se dominer, mais son angoisse pour le sort de ces chatons, et la tristesse poignante qu’il avait lue dans ses yeux verts avaient failli le pousser à commettre une erreur.
Comme si sa vie n’était pas déjà assez compliquée !
Après avoir trouvé la bouillotte, il attrapa un réveil, deux autres serviettes et regagna la cuisine. Meredith caressait inlassablement les chatons, comme pour les convaincre de s’accrocher à la vie.
Elle leva les yeux vers lui.
— Ils sont si petits…
— Nous allons les aider à grandir, affirma-t il, déterminé à lui épargner un nouveau chagrin.
Après avoir rempli la bouillotte d’eau chaude, il l’enveloppa dans une serviette, la plaça près des chatons, puis glissa le réveil entre eux.
— Ce n’est qu’un piètre leurre, mais ils auront l’impression d’entendre battre le cœur de leur mère, expliqua-t il.
— Où allons-nous les installer ? Il faudra les nourrir toutes les heures et garder leur caisse propre. Si nous les mettions dans ma chambre ?
— Holly y trouvera certainement à redire quand elle rentrera, mais c’est d’accord.
Il allait soulever la boîte quand Meredith posa la main sur son bras.
— Merci.
Son contact le troubla au point de lui faire oublier la boîte et les chatons. Il se perdit au fond du lagon de ses yeux.
— Il n’y a vraiment pas de quoi, grommela-t il en se raidissant.
Il essaya de reculer pour rompre le charme, mais elle se tenait devant lui, si belle, si féminine, qu’il lui était impossible de l’ignorer.

— Vous êtes quelqu’un de bien, Cooper.







 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:34 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 12
ÇÝÊÑÇÖí

Chapitre : 5

Paniquer ne servirait à rien.
La lumière des phares avait baissé petit à petit, avant de s’éteindre complètement, la plongeant dans le noir. C’était étrange. Le moteur fonctionnait parfaitement mais, sans éclairage, impossible de continuer à rouler.
Meredith fit prudemment demi-tour, et avança à l’aveuglette, les yeux écarquillés pour deviner la route. Elle se souvenait d’être passée devant une station-service un peu plus tôt. L’endroit lui avait semblé désert mais, sauf erreur, il y avait une cabine téléphonique. Malheureusement, aucun dépanneur n’accepterait de se déranger un dimanche soir. Elle n’avait pas d’autre choix que de demander à Cooper de venir la chercher…
Comme convenu, elle s’était levée à 3 heures du matin pour nourrir les chatons. Mais elle avait oublié de régler l’alarme de son réveil, et ne s’était réveillée qu’à 9 heures.
Cooper lui avait laissé un mot sur la table de la cuisine pour l’informer qu’il conduisait Holly à la messe et qu’ils s’étaient occupés des chatons. Peu désireuse de les importuner par sa présence, Meredith était partie aussitôt pour Manchester, où elle s’était offert un long brunch avant de visiter la ville. Puis elle avait emprunté des petites routes jusqu’à Nashua, et s’était promenée au gré de sa fantaisie, savourant le calme et la beauté du New Hampshire au mois de juin.
Quelle différence avec l’existence creuse et superficielle qui avait été la sienne autrefois, entre les parties de tennis, les cocktails, et les rendez-vous chez les couturiers à seule fin d’impressionner les collègues de son mari. Sa vie actuelle était infiniment plus riche et satisfaisante.
Du moins jusqu’à ce que ses phares rendent l’âme.
Meredith finit par apercevoir une lueur au loin. La station-service était éteinte, mais la lumière de la cabine téléphonique lui envoya un signal amical. Elle commença par contacter son service d’assistance afin de leur signaler approximativement l’endroit où elle se trouvait, puis elle respira un grand coup et composa le numéro de Cooper.
Il décrocha à la deuxième sonnerie.
— C’est Meredith. Je suis en panne quelque part près de Nashua.
— Comment est-ce arrivé ?
— Les phares ne fonctionnent plus. Une dépanneuse va venir, mais j’ai besoin d’un moyen de locomotion pour rentrer.
— Où êtes-vous ?
— Dans une cabine téléphonique, devant une petite station-service. J’ignore comment s’appelle cet endroit, mais ce n’est pas très loin de Nashua.
— Vous n’avez pas emporté une carte ?
— Non. Je voulais explorer la région par mes propres moyens.
Le silence qui suivit lui donna l’impression d’être une gamine stupide.
— Donnez-moi le numéro de la cabine pour le cas où j’aurais des difficultés à vous trouver.
Il nota les chiffres, puis ajouta :
— Je serai là dans une trentaine de minutes. Ne vous montrez pas avant de voir la fourgonnette. Je donnerai un coup de klaxon pour me signaler.
— Cooper, je suis désolée de vous…
— J’arrive aussi vite que possible.
Une vingtaine de minutes plus tard, un véhicule apparut au loin. Meredith perçut le bruit d’un klaxon et vit une fourgonnette s’arrêter devant la station-service. Aussitôt, elle sortit de la voiture et rejoignit Cooper en frissonnant. La nuit était fraîche, et elle n’avait pas pensé à prendre un lainage, persuadée d’être de retour à la ferme avant d’en avoir besoin.
— Je vais jeter un coup d’œil à votre voiture, annonça Cooper. Installez-vous dans la fourgonnette en attendant.
Quelques instants plus tard, il la retrouvait.
— C’est probablement l’alternateur. Impossible de réparer sur place.
Comme il lui rendait les clés, leurs doigts se rencontrèrent.
— Mais vous êtes glacée, grommela-t il en ôtant son blouson. Tenez, mettez ça.
Meredith se pencha pour qu’il puisse poser le vêtement sur ses épaules. Sa main souleva ses cheveux, effleura sa nuque. Cette fois, ce ne fut pas le froid qui la fit frissonner. Le parfum épicé d’un after-shave flotta jusqu’à elle tandis que la chaleur de son blouson l’enveloppait comme une caresse.
— Merci, Cooper.
La voix enrouée de Meredith l’atteignit en plein cœur. Il avait passé une journée très agréable avec Holly, pourtant la présence de Meredith lui avait manqué. Il s’était traité tout bas d’imbécile mais, tandis que l’heure tournait, il n’avait pu s’empêcher de regarder sa montre toutes les dix minutes.
Lorsqu’elle lui avait téléphoné pour lui demander de l’aide, il avait sauté dans sa fourgonnette sans perdre une seconde. L’imaginer toute seule en pleine nuit sur une route déserte l’avait inquiété beaucoup plus qu’il n’aurait voulu l’admettre.
— Je ne pouvais pas vous abandonner dans un endroit pareil.
Il croisa le blouson sur son adorable poitrine. Il faisait à peine douze degrés, et elle était visiblement gelée.
— Où est Holly ? demanda-t elle en levant les yeux vers lui.
— Couchée, je suppose. Ma voisine la plus proche, Mme Macavee, a accepté de venir la garder. Elle m’a rendu d’innombrables services depuis l’accident de Holly.
La lumière de la cabine téléphonique s’insinuait à l’intérieur de l’habitacle, éclairant le profil de Meredith.
— Cooper, murmura-t elle d’une voix hésitante.
— Oui ?
— Hier, quand vous m’avez embrassée, je n’étais pas en colère. Je vous ai repoussé parce que j’avais besoin de réfléchir.
— Et vous êtes arrivée à une conclusion ?
Elle secoua la tête, le regard rivé au sien.
Ce baiser avait peut-être été une erreur. Renouveler l’expérience serait sans doute pire encore. Mais comment résister à la tentation alors que tout se liguait contre elle : l’espace confiné de la fourgonnette, le silence, la pénombre…

Cooper inclina son visage vers le sien. Elle n’eut pas un geste pour l’encourager, mais n’opposa aucune résistance lorsqu’il posa ses lèvres sur les siennes.
Cette fois, il prit tout son temps, savourant la douceur de sa bouche sous la sienne. Le monde extérieur s’effaça tandis que Meredith enfouissait en soupirant ses mains dans ses cheveux, et répondait passionnément à son étreinte. Il y avait si longtemps qu’une femme ne l’avait pas touché. Le corps chaud et souple de Meredith réveillait en lui une flamme éteinte depuis des années.
Il la renversa contre le dossier du siège et glissa une main sous le blouson. Son geste arracha un gémissement à la jeune femme mais, lorsqu’il referma la paume sur l’un de ses seins, sa respiration se suspendit et elle eut un mouvement de recul.
Cooper saisit le message et se redressa lentement.
— Je suppose que vous êtes arrivée à une conclusion, cette fois.
— Ce n’est pas aussi simple, Cooper, murmura-t elle en butant sur les mots. Tout dépend de ce que vous attendez de moi.
— Je croyais que c’était évident. Et vous en avez envie autant que moi.
— Alors vous embrasser était bien une erreur. Je refuse qu’on se serve de moi comme de… d’une distraction passagère.
— Le sexe n’est rien d’autre qu’un moment de plaisir fugitif, grinça-t il en songeant à son mariage raté avec Tina.
— Pas pour moi. Faire l’amour est l’union de deux êtres avant d’être celle de deux corps.
Elle se recroquevilla contre la portière, le visage tourné vers la vitre.
« Faire l’amour. »
Il avait fait l’amour avec Tina. Il lui avait confié son cœur, son âme, ses rêves. Mais cela n’avait pas suffi. Cette relation l’avait fragilisé, et jamais plus il ne se mettrait dans une telle situation.
Un gyrophare apparut au loin. Cooper descendit, soulagé d’échapper à l’atmosphère lourde de sensualité qui planait à l’intérieur de la fourgonnette.
Il n’avait absolument pas besoin d’une femme dans sa vie, surtout si elle était pétrie d’illusions romantiques.
Embrasser Cooper avec cet abandon, après l’avoir quasiment invité à le faire, avait été une erreur majeure, songea Meredith tandis que la fourgonnette se garait devant la maison. Leur silence respectif pendant tout le trajet de retour en était la preuve. Manifestement, Cooper était embarrassé et furieux d’avoir succombé à ses pulsions. Mais comment lui en vouloir ? Elle ne comprenait pas elle-même ce qui lui arrivait. Dire qu’ils ne se connaissaient que depuis quatre jours !







 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:35 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 13
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Meredith descendit sans un mot et franchit la porte sans attendre son employeur. Il lui fallait un peu de temps pour remettre de l’ordre dans ses idées.
Elle s’apprêtait à entrer dans la cuisine quand elle aperçut une vieille dame installée dans le salon avec un magazine.
— Bonsoir, je suis Alma Macavee, dit-elle avec un sourire chaleureux. Vous devez être la fameuse Meredith dont Holly m’a chanté les louanges pendant tout le service religieux, ce matin.
— C’est bien elle, confirma Cooper, dans le dos de Meredith.
— Holly est couchée, mais je ne suis pas sûre qu’elle dorme.
La vieille dame referma son magazine et se leva.
— Je vous raccompagne, proposa Cooper.
— Inutile, vous savez bien que j’habite à deux pas. Enchantée de vous avoir rencontrée, Meredith. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à m’appeler. Mon numéro figure sur la liste de Cooper.
— Bonsoir, madame Macavee.
Cooper la reconduisit jusqu’à la porte puis rejoignit Meredith. Elle lui rendit son blouson.
— Merci.
— Il n’y a pas de quoi.
— Voulez-vous que je monte voir Holly ?
— Ce n’est pas la peine. Si elle est réveillée, je lui dirai que vous êtes rentrée.
Ils étaient revenus à une relation strictement professionnelle. Tant mieux. C’était beaucoup plus sûr. Meredith gravit l’escalier avec la sensation d’être affreusement lasse et d’en ignorer la cause exacte.
Elle se dirigea vers sa chambre pendant que Cooper entrait dans celle de Holly. Quelques instants plus tard, il l’appela.
La petite fille était assise dans son lit, les chatons endormis sur ses genoux. Cooper se tenait à son chevet.
— Holly veut vous souhaiter bonne nuit.
Meredith s’approcha.
— Tu es en bonne compagnie, à ce que je vois.
— J’aime les savoir tout près de moi.
Cooper saisit les chatons et les déposa dans la boîte.
— Il est temps pour tout le monde de dormir.
Holly dévisagea Meredith.
— Tout va bien ?
La jeune femme s’assit près d’elle et la serra tendrement dans ses bras, consciente que la fillette était restée éveillée afin de s’assurer qu’il ne lui était rien arrivé.
— Absolument.
Cooper s’éclaircit la gorge.
— Je me lèverai vers 2 heures du matin pour nourrir les chatons.
Meredith caressa les cheveux de Holly puis se leva.
— Alors, je vais régler mon réveil sur 6 heures.
Elle leur souhaita bonne nuit et sortit. Comme elle remontait le couloir en direction de sa chambre, elle entendit Holly déclarer à son père :
— Maman a appelé après ton départ. Elle voulait te parler, mais je lui ai expliqué que tu avais dû aller au secours de Meredith.
La réponse de Cooper lui échappa, mais une pensée la traversa soudain comme un coup de poignard. Et si Cooper était incapable d’aimer parce qu’il était toujours épris de son ex-femme ?
Le samedi suivant, Meredith venait de passer l’aspirateur au rez-de-chaussée, et s’apprêtait à commencer la lessive quand son regard tomba sur Cooper, occupé à arracher des mauvaises herbes dans le jardin. Ces derniers jours, leurs relations houleuses avaient cédé la place à une politesse glacée. Aujourd’hui, Meredith voulait lui faire part d’un projet concernant Holly, mais il avait passé la matinée dans son atelier et elle n’avait pas osé le déranger.

C’était l’occasion ou jamais.
Cooper la regarda avancer vers lui, les sourcils froncés. Il avait suspendu sa chemise à l’un des piquets de la clôture. Ses épaules hâlées luisaient au soleil et Meredith se demanda si, finalement, elle avait choisi le meilleur moment. Elle avala sa salive et s’obligea à croiser son regard.
— Je voudrais vous demander la permission de créer un petit jardin potager afin de mieux illustrer le cours de sciences naturelles de Holly.
— Que voulez-vous planter ?
— Des carottes, des radis et des tomates. J’aimerais également l’emmener dans une jardinerie afin de lui expliquer la différence entre les espèces vivaces et annuelles, les méthodes de plantation, les engrais… ce genre de choses.
Il hocha la tête.
— Excellente idée. Je retournerai un carré de terrain avec le motoculteur pour vous faciliter la tâche. Nous avions un potager, autrefois. Mais Tina n’aimait pas jardiner, et moi je n’en avais guère le temps.
Meredith n’avait aucune expérience en la matière, mais elle avait beaucoup lu sur le sujet afin de préparer son cours.
— Holly est passionnée par la croissance des chatons. J’espère qu’elle montrera le même enthousiasme pour les végétaux.
— Vous êtes un bon professeur, Meredith. J’ai jeté un coup d’œil aux cahiers de Holly. Mais sa rentrée scolaire va poser un problème : son institutrice aura du mal à soutenir la comparaison avec vous.
Meredith secoua la tête, secrètement comblée par son compliment.
— Elle n’est mon élève que depuis une semaine. Elle a tout le temps de se lasser de moi.
— Croyez-vous ? Ça ne doit pas être facile de se lasser de vous, murmura Cooper d’une voix altérée.
Son visage était moins fermé qu’à l’accoutumée. Le regard de Meredith s’abaissa vers son torse et les battements de son cœur s’accélérèrent. Elle mourait d’envie de caresser cette peau hâlée
tendue sur une

musculature parfaite.
— Meredith ? Elle leva les yeux et lut dans ceux de Cooper un désir identique. Lui aussi rêvait de la toucher, de l’étreindre.
La sonnerie lointaine du téléphone les ramena brutalement sur terre. Cooper recula d’un pas.
— Je ferais mieux d’aller répondre. Tina et moi avons joué à cache-cache toute la semaine.
Il s’éloigna, posa les cisailles sous le porche, et jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. Meredith avait rejoint Holly près de la balançoire. La fillette s’attachait de plus en plus à elle. Sa présence la rassurait, lui redonnait confiance en elle-même. D’ailleurs, ses cauchemars avaient disparu et elle n’avait plus peur de s’endormir avant son retour.
Le téléphone continuait à sonner. Il entra dans la cuisine d’un pas vif et décrocha le combiné.
— Cooper ? C’est Tina.
— J’essaye de te joindre depuis des jours.
— J’étais dans le New Jersey pour une séance de dédicaces. J’ai trouvé tes messages, mais j’ai préféré attendre d’être rentrée pour te rappeler. Comment va Holly ?
— Bien.
— Elle m’a parlé de ses chatons.
Cooper ne put s’empêcher de sourire.
— Elle en est folle.
— Elle m’a également parlé de cette Meredith Preston.
Il y avait dans son intonation quelque chose qui alerta Cooper.
— Je t’avais fait







 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:36 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 14
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part de mon intention d’engager une institutrice, rétorqua-t il.
— Mais tu avais omis de préciser qu’elle s’installerait à demeure. Quel âge a-t elle ?
Cooper fronça les sourcils.
— Trente et un ans, je crois.
— Jolie ?
Sa patience s’effritait de seconde en seconde.
— Son apparence physique importe peu. Ce qui compte, ce sont ses compétences professionnelles.
— C’est bien mon avis.
— Que veux-tu dire par-là ?
— Rien. J’aimerais seulement savoir quel genre de femme s’occupe de ma fille.
— Meredith est douce, patiente, et très compétente. Holly n’a jamais aussi bien travaillé.
— Une vraie perle, si je comprends bien, ironisa Tina. Cooper garda le silence.
— Je veux que Holly vienne chez moi en août, comme prévu.
— Pas question !
— Cooper…
— J’ai la garde de Holly, Tina. C’est toi qui l’as voulu. Ta fille aurait entravé ta carrière, tu te souviens ? Tu as admis toi-même qu’elle serait mieux avec moi.
— Mais je veux la voir !
— La dernière fois que je te l’ai confiée, tu as failli la tuer. Si tu ne l’avais pas emmenée à cette soirée, elle n’aurait pas été blessée dans l’accident !
— Je suis sa mère, Cooper. J’ai le droit de la voir.
— Alors viens ici. Annule tes rendez-vous pour lui accorder un peu de ton précieux temps.
— Je vais t’attaquer en justice, menaça-t elle.
— Tu peux toujours essayer. Mais je te rappelle que c’est toi qui es partie, toi qui as abandonné notre fille. Les juges apprécieront.
— En es-tu si sûr ? Tu n’as pas toutes les cartes en main, Cooper. Après tout, tu vis en concubinage, à présent.
— Qu’est-ce que tu racontes ? Je ne vis pas avec…
Il réalisa brusquement qu’il parlait dans le vide. Son ex-femme avait raccroché.
Cooper se tenait devant l’évier, encore vibrant de rage, quand Meredith entra dans la cuisine. Elle lui lança un bref regard, et comprit que quelque chose n’allait pas.
— Voulez-vous que je vous laisse ? J’allais préparer le déjeuner.
Il serra les poings, comme pour empêcher sa colère d’exploser.
— Mon ex-femme prétend m’enlever la garde de Holly. Déjeuner est le cadet de mes soucis, articula-t il d’une voix âpre.
Au lieu de battre en retraite, Meredith s’avança.
— Comment puis-je vous aider ?
— En greffant une conscience à Tina pour qu’elle comprenne enfin ce qu’elle a fait à Holly.

— Ou ce qu’elle vous a fait à vous.
Il secoua la tête, admirant en lui-même le sang-froid avec lequel elle lui tenait tête.
— Cela n’a rien à voir avec moi.
— Je suis persuadée du contraire.
— Vous n’avez aucune idée de ce que je ressens, articula-t il du bout des lèvres.
— Oh si. Je connais la souffrance qu’engendre un divorce. Et je sais que, si vous ne vous en libérez pas, elle finira par empoisonner toute votre vie.
Meredith prit doucement la main de Cooper dans la sienne, et referma ses doigts autour de son poing serré.
— Laissez-la s’évacuer, Cooper.
Sa voix était douce et apaisante, comme une pluie tiède sur une plaine craquelée par le soleil.
— Meredith…
— Ne la gardez pas en vous.
Ses prunelles vertes le fascinaient tout autant que son contact. Quelque chose se dénoua au plus profond de lui-même et ses poings se desserrèrent lentement.
— Tina menace de me traîner en justice, mais elle n’a aucune envie d’obtenir la garde de Holly. Elle n’en a jamais voulu. Elle se souvient de sa fille quand ça l’arrange.
Il secoua la tête et reprit à voix basse :
— Pendant toute mon enfance, j’ai entendu mes parents se disputer comme des chiffonniers et je me suis juré que mon mariage serait parfait. Aucun conflit. Les mêmes valeurs. Mais sitôt après la naissance de Holly, Tina a décrété qu’elle n’aurait pas d’autre enfant et elle s’est mise à écrire. Elle m’a exclu de sa vie. Ensuite, elle nous a quittés sans l’ombre d’un remords pour courir après ses rêves de gloire et de fortune.
Jamais il ne s’était livré ainsi auparavant, et il se demanda de quel pouvoir magique était dotée Meredith Preston pour avoir réussi à faire jaillir son amertume comme un geyser.
— Je suis désolée, Cooper.
Il dégagea sa main, humilié d’avoir


mis son âme à nu devant elle.
— Je ne veux pas de votre pitié.
— Que voulez-vous alors ?
— De l’oxygène. J’ai de plus en plus de difficulté à respirer quand vous êtes dans la même pièce que moi.
S’il l’embrassait, la passion balayerait en lui toute autre émotion. Et il avait brusquement besoin de passion, plus encore que d’oxygène.
Il allait prendre Meredith dans ses bras quand le pas de Holly résonna dans l’entrée, le ramenant brutalement à la raison.
— J’ai une idée formidable ! claironna la fillette en entrant en trombe dans la cuisine. Pourquoi Meredith ne viendrait pas avec nous à la fête de la fraise, demain ?
Cooper recula d’un pas, et prit une profonde inspiration.
— Meredith a droit à un jour de repos, poussin.
La petite fille tira la manche de Meredith.
— Il faut venir. C’est très amusant. Dis-lui, papa !
— Non, c’est à Meredith de décider, répondit-il en formant des vœux pour qu’elle refuse.
Leur attirance réciproque risquait de leur poser un nouveau problème si jamais elle les accompagnait.
Meredith chercha le regard de Cooper. A quoi ressemblait-il quand il était heureux ? La flamme sombre de ses yeux s’éclairait-elle d’une multitude d’étincelles rieuses ? La ligne sévère de sa mâchoire s’adoucissait-elle ?
Vaincue par la curiosité, elle ne put s’empêcher de sourire à Holly.
— J’aimerais beaucoup venir. Je n’ai jamais assisté à une fête de la fraise. Où a-t elle lieu ?
— Sur les berges du lac, répondit la fillette. On mange des tartes à la fraise, on se promène à dos de poneys et le soir, il y a grand bal avec des lampions et un orchestre !
— Un bal ?
Cooper se massa le menton.
— Rien de grandiose, rectifia-t il avec une grimace amusée. Deux ou trois musiciens, une vague guirlande lumineuse autour du ponton…
Enthousiaste, Holly battit des mains.
— Et puis vous nous aiderez à compter les fraises. Papa abandonne toujours en cours de route.
— Excuse-moi, jeune fille, mais l’année dernière nous avons presque gagné.
— Tu parles ! On était onzième !
Il éclata de rire.
— Notre meilleur score.
Un sourire au coin des lèvres, il expliqua la règle du jeu à Meredith.
— L’un des fermiers de la région fournit une camionnette remplie de paniers de fraises. Les participants doivent deviner combien elle contient de fruits. Celui qui se rapproche le plus de la vérité gagne un bon d’achat de cinq cents dollars.
— Je suis assez forte en calcul, plaisanta Meredith. A quelle heure commence la fête ?
— Vers 10 heures.
— Alors c’est entendu. J’y serai.
Holly poussa un cri de joie.
— Génial ! On va drôlement s’amuser !
Tandis que la fillette se jetait dans ses bras, le regard de Meredith se posa sur Cooper. Son visage avait une expression indéchiffrable.
La tension était toujours palpable entre eux mais, avec un peu de chance, la fête de la fraise aurait un effet apaisant sur leurs émotions.








 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:37 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 15
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Chapitre : 6

Jamais le soleil n’avait été plus resplendissant, l’air plus vivifiant et le ciel plus bleu.
Un parfum de fraise semblait flotter autour de Meredith tandis que Holly l’entraînait joyeusement d’un stand à l’autre. Cooper attendait patiemment à chacune de ses emplettes — ici un bocal de fraises au sirop, là un tablier rose pâle sur lequel était brodée une grosse fraise rouge. Rien que pour son sourire indulgent et la lueur amusée au fond de ses yeux bruns, elle aurait voulu que la journée ne s’arrête jamais.
A midi, ils mangèrent des hot dogs, des frites, et des glaces à la fraise. Puis ils se promenèrent autour du lac. Le soleil scintillait sur l’eau, la parant de reflets changeants.
Holly tira tout à coup Meredith par la main et lui montra discrètement un panneau situé non loin.
Meredith lui sourit d’un air encourageant.
— Demande à ton papa, lui souffla-t elle à l’oreille. La fillette se mordilla la lèvre.
— Il ne voudra pas.
— Essaie toujours.
Elle hésita, puis se jeta à l’eau.
— Papa ?
— Oui ?
Cooper se tourna vers sa fille.
— Je peux faire une promenade à dos de poney ? S’il te plaît…
— Holly, je t’ai déjà dit…
— Tu ne veux pas que je monte Gypsy, mais un poney, ce n’est pas pareil. Je t’en prie. Je serai tellement prudente !
Le regard de Cooper pivota vers Meredith. Il ne se souciait pas réellement de son avis, elle le savait, mais il lui avait promis de l’écouter et tenait parole.
— Holly en meurt d’envie. Je suis certaine qu’elle est venue en grande partie pour ça.
Holly hocha vigoureusement la tête.
— C’est une conspiration, bougonna Cooper. Très bien, allons jeter un coup d’œil.
Meredith attendit près de l’enclos en compagnie de Holly pendant que Cooper discutait avec le responsable. Quelques instants plus tard, il les rejoignit et prit sa fille par la main.
— En route. Archie m’a autorisé à guider moi-même ton poney.
Holly dansa littéralement de joie tandis qu’ils se mêlaient à la foule pour attendre leur tour. Un homme qui tenait une petite fille dans ses bras se retourna et sourit en reconnaissant Cooper.
— Les papas modèles sont prêts à tout pour faire plaisir à leurs enfants.
Cooper s’esclaffa.
— Salut, Daniel. Alors, Susie ? Tu vas monter sur un poney ?
La fillette hocha timidement la tête puis cacha son visage contre l’épaule de son père.
— Je ne t’ai pas vu à la dernière réunion de la chambre du commerce, souligna Daniel.
— Je n’ai pas pu y assister. J’ai des commandes en retard.
Comme le regard du jeune homme se posait sur Meredith, il procéda aux présentations.
— Meredith Preston, Daniel Baxter. Daniel dirige une entreprise de maçonnerie à Harmony Hollow. Meredith donne des cours de rattrapage à Holly pendant tout l’été et s’occupe de la maison.
Daniel tendit la main à Meredith.
— Enchanté, mademoiselle.
Il avait un sourire plein de charme et de très beaux yeux vert sombre, mais Meredith ne ressentit rien d’autre à son contact qu’un intérêt poli.
— Quel âge a votre fille ?
— Deux ans.
La file d’attente avança et ce fut au tour de Susie.
— A plus tard, lança Daniel en installant sa fille sur un poney à la robe isabelle. C’est toujours d’accord pour le match de basket, samedi prochain ?
— Bien sûr, acquiesça Cooper. Tu préviens Jake ?
— Compte sur moi.
Comme Susie s’éloignait, les mains crispées sur le pommeau de sa selle, Cooper se pencha vers Meredith.
— Daniel traverse une période très difficile. Sa femme est morte il y a un an.
— Il s’occupe seul de sa fille ?
— Sa belle-mère fait ce qu’elle peut pour l’aider. Un autre poney se libéra. Cooper se tourna vers Holly.
— A toi, poussin.
Holly ne parvint pas à dissimuler son excitation lorsque son père l’aida à se hisser sur la selle. Tenant les rênes d’une main, elle adressa de grands signes à Meredith tout en s’éloignant, le visage fendu par un large sourire.
La promenade terminée, Holly se suspendit au bras de son père.
— Je peux monter Gypsy, maintenant ? S’il te plaît… Si tu veux, tu la tiendras avec une longe et je ne sortirai pas du paddock.
Cooper s’accroupit devant sa fille.
— Tu penses que si je dis oui, tu la monteras toute seule d’ici une semaine. Mais ça n’arrivera pas, Holly.
Le sourire de la fillette s’effaça.
— Au moins, tu me laisseras la monter un peu, si c’est toi qui la tiens ?
Cooper lança un regard à Meredith avant d’esquisser un sourire teinté de lassitude.
— Entendu.
Holly jeta ses deux bras autour du cou de son père, et le serra très fort.
— Oh, merci, papa.
Il lui rendit son étreinte avec émotion, puis s’éclaircit la gorge.
— Et si nous allions compter les fraises ?
Ils jouèrent à la pêche miraculeuse pour tenter de gagner des poissons rouges, assistèrent à une démonstration de gymnastique, puis gagnèrent la rive du lac pour donner du pain aux canards.
Ils étaient confortablement installés à l’ombre d’un sycomore, quand Alma Macavee les rejoignit.
— Déjà fatigués ?
Cooper se leva.
— Nous prenions simplement un peu le frais avant de rentrer. Il est l’heure pour Holly de faire la sieste.
— Oh non, pas déjà…, protesta la petite fille.
Alma sourit.
— J’allais en faire autant, pour ne rien vous cacher. Vous avez l’intention de revenir ce soir, pour connaître le vainqueur du concours de fraises ?
— Je ne crois pas…
— Papa, tu dois absolument être là ! affirma Holly. Et puis, tu manquerais le bal. Mme Macavee acceptera peut-être de rester avec moi…
Cooper fronça les sourcils. Il ne se permettrait pas de déranger Alma pour une raison aussi futile. Mais la vieille dame lui tapota le bras.


— Quelle bonne idée. J’apporterai mon tricot et Holly me lira un de ses livres.
Déconcerté, Cooper se tourna vers Meredith.
— Vous avez envie de revenir ce soir ?
— Ce serait amusant, répondit-elle d’un ton faussement désinvolte.
— Très bien, Alma. J’accepte votre gentille proposition. Les yeux bleus de la vieille dame pétillèrent de malice.
— Je viendrai vers 19 heures.
Cooper prit le menton de sa fille dans sa main.
— Depuis quand te soucies-tu de me voir participer au bal ?
— Tu ne t’amuses plus jamais depuis que maman est partie et puis… Meredith est très gentille.
Tandis que Meredith époussetait son jean, les joues cramoisies, Cooper passa son bras autour des épaules de Holly.
— D’accord, je te promets de m’amuser ce soir.
Meredith croisa le regard de Cooper et se demanda avec un petit frisson d’anticipation si sa conception d’une soirée amusante correspondait à la sienne.
Meredith ouvrit la penderie de sa chambre et choisit une longue jupe paysanne couleur brique ainsi qu’un chemisier ivoire sans manches. La griffe du couturier glissa sous ses doigts, lui rappelant l’univers factice et clinquant qu’elle avait laissé derrière elle en Pennsylvanie. La facilité avec laquelle elle s’était habituée à sa nouvelle vie ne cessait de l’étonner. Jamais elle n’aurait cru possible de s’amuser en faisant la cuisine, en entretenant la maison, et en s’occupant de Cooper et Holly.
« Reconnais-le, Meredith. Ce n’est pas simplement un emploi d’été. »
Tout en enfilant des sandales de cuir blanc, elle dut l’admettre et ne put réprimer un petit frisson. Que se passerait-il si Cooper découvrait qu’elle n’avait pas vraiment besoin de travailler ? Que ses biens personnels et la pension du divorce suffisaient amplement à assurer ses jours jusqu’à la fin de sa vie ?
Elle n’avait aucune raison d’en parler à Cooper.
Ce n’était pas une question de lâcheté. Elle connaissait la peur et avait appris à la maîtriser au fil des épreuves, quand elle avait perdu sa mère, quand son père s’était remarié, quand elle avait perdu son premier bébé, puis le second… Il n’y avait qu’une seule façon d’affronter la peur : la regarder droit dans les yeux.
Sauf… cette fois.
Les risques étaient trop grands. Il ne s’agissait pas uniquement de Cooper et d’elle. Holly était impliquée aussi.
Meredith appliqua un beige orangé sur ses lèvres, saisit son sac à main et quitta la chambre.
Holly était déjà en chemise de nuit, prête à se coucher. Les chatons dormaient à côté d’elle.
— Tu as choisi un livre pour Mme Macavee ?
Holly plissa le nez.
Meredith commençait à bien la connaître. Visiblement, quelque chose n’allait pas.
— Tu veux que ton papa et moi restions ici ce soir ?
— Non ! C’est ma jambe… elle me fait mal. Pas beaucoup, mais…
— Tu as énormément marché, aujourd’hui. Veux-tu que je te fasse un petit massage magique ?
Quelques minutes plus tard, Meredith était assise sur le lit de Holly, et la massait doucement, comme le lui avait montré Nancy. Quand ses pouces passèrent sur les cicatrices, le regard de la fillette chercha le sien.
— Vous croyez que les autres enfants se moqueront de moi quand je retournerai à l’école ?
— Tu marches déjà beaucoup mieux qu’à mon arrivée, il y a deux semaines. Si tu continues à bien travailler ta rééducation, tu ne boiteras sans doute plus du tout en septembre.
— De toute façon, je porterai un jean pour cacher mes cicatrices.
Meredith traça lentement des cercles autour de son genou.
— Et comment feras-tu le jour où tu auras envie de porter une jupe ?
Holly se mordilla la lèvre.
— Je n’en porterai pas. Je ne veux pas qu’on se moque de moi.
— C’est une solution. Ou alors, tu pourrais leur expliquer une fois pour toutes ce qui t’est arrivé, et ne plus y penser. Plus personne n’y fera attention.
— Vous croyez ?
— Meredith a raison.







 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:38 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 16
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La voix de Cooper s’éleva depuis le seuil.
— Tu as mal à la jambe ?
— Plus maintenant. Mme Macavee est arrivée ?
— A l’instant.
— Je voudrais lui montrer les chatons. Je peux les installer en bas ?
— Passe devant. J’apporte la boîte.
Holly enfila rapidement ses chaussons et disparut.
— Vous pensez que nous devrions rester à la maison ? demanda Cooper.
— Elle a un peu trop sollicité ses muscles, aujourd’hui, mais c’est sans gravité. Si vous annulez la soirée, elle s’en voudra terriblement. Elle se sent déjà coupable de vous accaparer.
— Ce n’est pas elle la coupable.
— Non, mais votre fille est loin d’être sotte. Elle se rend bien compte que vous avez pris du retard dans vos commandes… et que vous ne vous amusez plus jamais, ajouta Meredith avec un sourire taquin.
Cooper s’était changé après le dîner, remplaçant son jean et son T-shirt par un pantalon noir et une chemise blanche. Il était très impressionnant dans cette tenue, et beaucoup trop séduisant pour la paix de son esprit.
— Vous êtes particulièrement belle, ce soir, murmura-t il en fixant ses lèvres.
La gorge de la jeune femme se dessécha subitement, et tout ce qu’elle fut capable d’articuler en retour fut un bref merci.
— Vous êtes prête ?
Prête à quoi ? A retourner à la fête de la fraise ? à danser avec lui ? à l’embrasser de nouveau ? Les trois, sans hésiter, songea-t elle en hochant la tête.
— Oui.
— Prenez un gilet. Les nuits sont fraîches. Une seconde plus tard, il avait quitté la pièce avec la boîte contenant les chatons.
Cet homme avait décidément un effet désastreux sur son équilibre. Mais ce soir, peut-être parviendrait-elle à comprendre pourquoi cela lui était parfaitement égal.

La foule était clairsemée quand ils arrivèrent au bord du lac.
Une légère brise soufflait sur la rive. Meredith sentit glisser son cardigan, simplement jeté sur ses épaules, et tressaillit lorsque Cooper le remit en place d’un geste très doux. Son eau de toilette épicée fit naître en elle des images de pirates intrépides et de vaisseaux voguant vers le grand large, toutes voiles dehors. Depuis quand son imagination l’entraînait-elle dans un délire romantique ?
Depuis la minute exacte où ses yeux s’étaient posés sur Cooper.
Rajustant son gilet, elle observa le petit orchestre installé à une vingtaine de mètres d’eux sur une estrade, et les guirlandes électriques suspendues le long de la berge.
— Ils donneront le nom du vainqueur vers 20 heures, déclara Cooper à voix basse. Voulez-vous danser en attendant ?
— Volontiers.
Il posa une main sur sa taille puis la guida vers les lumières. Le cœur de Meredith cognait à toute volée dans sa poitrine. Que dirait-elle lorsqu’il la prendrait dans ses bras ? Quelle attitude adopter ? Etait-il ici pour faire plaisir à Holly ou parce qu’il appréciait sa compagnie ?
Cooper salua au moins quatre personnes de sa connaissance tandis qu’ils se frayaient un passage jusqu’à l’orchestre.
— Il y a bien longtemps que je n’ai pas dansé. Prenez garde à vos pieds, lui dit-il avec un sourire en coin tout en l’enlaçant.
— J’y songerai.
Meredith posa les mains sur les épaules de son cavalier et sentit la chaleur de son corps se diffuser à l’intérieur de ses paumes. Contrairement à ce que sa remarque pouvait laisser croire, Cooper était un excellent danseur. Ses mouvements étaient fluides, assurés et parfaitement dans le rythme.
— Quand avez-vous dansé pour la dernière fois ? lui demanda Meredith pour meubler le silence.
— Le jour où Tina a reçu un coup de fil de son futur éditeur, lui annonçant la publication de son premier roman. Je l’ai emmenée célébrer l’événement à Manchester.
Sa réponse laconique se voulait dissuasive, mais elle n’en tint pas compte. Elle avait besoin de savoir qui il était réellement.
— Avez-vous rencontré quelqu’un depuis votre divorce ?
Elle crut un instant qu’il allait lui demander de se mêler de ses affaires, mais il se contenta de secouer la tête.
— Pas le temps. Quand je ne travaille pas, je m’occupe de Holly. Et vous ?
Les propositions n’avaient pas manqué, mais elle les avait toutes déclinées. Les relations sans lendemain ne l’intéressaient pas, et comme elle n’avait aucune envie de souffrir de nouveau…
— Après mon divorce, je me suis consacrée à mes études.
Par souci d’honnêteté, elle ajouta :
— C’était plus prudent.
Il la dévisagea pensivement, puis acquiesça.
— Je vois ce que vous voulez dire.
La brise joua dans les cheveux de Meredith, et une mèche blonde lui balaya la joue. Elle voulut la repousser, mais Cooper la devança. Son index effleura sa joue, puis suivit la courbe de sa lèvre inférieure. Meredith ferma les yeux pour ne pas lui montrer combien ce geste la troublait.
— Meredith ?
Elle croisa son regard brûlant de désir et prit une profonde inspiration.
— Nous jouons avec le feu. Vous en avez conscience, n’est-ce pas ?
Incapable d’articuler un mot, elle hocha la tête.
Cooper l’enlaça plus étroitement et enfouit son visage dans ses cheveux. Tandis qu’ils continuaient à évoluer au rythme de la musique, elle sentit son cœur battre à coups redoublés contre sa poitrine.
Lorsque les lèvres de Cooper effleurèrent sa tempe, elle leva les yeux vers lui et lut une passion enfiévrée dans son regard sombre.
L’orchestre cessa subitement de jouer tandis qu’un homme en costume s’emparait du micro. Cooper desserra à regret son étreinte, et Meredith essaya de reprendre ses esprits. Tout en évitant soigneusement le regard de Cooper, elle se tourna vers l’estrade. L’homme qui avait interrompu le bal s’adressa en souriant au public.
— M. le maire me charge de vous annoncer le résultat du concours.
— C’est Jake Chandler, souffla Cooper à l’oreille de Meredith.
La jeune femme acquiesça machinalement, mais le contact de sa main, toujours posée sur sa taille, l’emplissait d’un tel trouble qu’elle faillit manquer le nom du gagnant.
— Le lauréat du concours est… Mme Alma Macavee !
Cooper éclata de rire et mêla ses applaudissements à ceux du public.
— Jake, Alma n’est pas là ce soir ! cria-t il pour dominer le brouhaha.
Jake Chandler leva la main pour indiquer qu’il avait entendu.
— J’apprends que Mme Macavee ne se trouve pas parmi nous. Je lui remettrai personnellement son prix demain. Je tiens tout particulièrement à remercier nos amis producteurs de fraises, qui ont décidé à l’unanimité de verser dix pour cent de leur recette à l’hôpital pour enfants, afin de participer à la construction d’une aile supplémentaire.
Les applaudissements redoublèrent tandis que Jake reposait le micro et se mêlait à la foule, échangeant un mot avec chacun.
— Jake a le don de réussir tout ce qu’il entreprend, commenta Cooper.
— Vous le connaissez ?
— Nous étions au même lycée, lui, Daniel Baxter et moi. A la fin de ses études, il est devenu une sorte de héros régional en rachetant des entreprises en faillite pour les remettre à flot.
— Je vous sens très admiratif.
— Jake est quelqu’un de remarquable. Il a amassé une grosse fortune, mais il est resté fidèle en amitié. Nous nous retrouvons une fois par mois pour jouer au basket et boire une bière entre copains, comme au bon vieux temps.

L’orchestre entama une valse. Cooper posa sur Meredith un regard interrogateur. Quand elle acquiesça, il la prit dans ses bras et ils évoluèrent comme s’ils avaient dansé ensemble toute leur vie.
Un slow succéda à la valse et Cooper attira lentement la jeune femme contre lui. Le reste de l’univers disparut alors. Il sembla à Meredith que la lumière faiblissait, que la musique se faisait murmure. Etroitement blottie contre le torse de Cooper, rassurée par la force des bras noués autour de sa taille, elle n’opposa aucune résistance lorsqu’il l’entraîna vers un coin plus sombre du ponton. Leurs pas se ralentirent peu à peu, jusqu’à ce qu’ils s’immobilisent, étroitement enlacés.
Obéissant à son instinct, Meredith leva le visage vers son cavalier.
Leurs bouches s’effleurèrent, attisant mutuellement leur désir, puis Cooper mordilla sa lèvre inférieure et un frisson la secoua tout entière, la laissant pantelante. Sa bouche s’ouvrit docilement sous celle de Cooper, et elle se sentit défaillir de plaisir tandis que sa langue taquinait la sienne, exigeant une réponse, l’encourageant à partager sa fièvre.
Jamais elle n’avait éprouvé une passion aussi dévorante, un tel besoin de ne faire qu’un avec un homme. Elle ne se reconnaissait plus.
Cooper n’abandonna ses lèvres que pour mordiller le lobe de son oreille.
— Allons dans un endroit plus discret, souffla-t il.
Meredith se figea, subitement glacée. Cooper ne voyait en elle qu’un objet de désir. Exactement comme son ex-mari.
Après sa deuxième fausse couche, Brian avait été incapable de la consoler, de la rassurer, de la convaincre qu’ils surmonteraient cette épreuve ensemble. Il avait voulu lui imposer son désir, sans même attendre sa guérison. Et comme elle ne le satisfaisait pas, il avait cherché une partenaire plus complaisante, et capable de lui donner des enfants.
Elle avait été folle d’accompagner Cooper ce soir.
Le visage rejeté en arrière, elle scruta ses traits volontaires, la ligne déterminée de sa mâchoire, la flamme qui brillait dans ses yeux. Ressentait-il pour elle autre chose que du désir ? Il fallait qu’elle sache la vérité, et il n’y avait qu’un seul moyen d’y parvenir.
— Cooper, êtes-vous toujours amoureux de Tina ?
Il la lâcha instantanément.
— Vous n’avez aucun droit de me poser cette question, rétorqua-t il âprement.
Hier encore, elle aurait probablement battu en retraite. Mais plus aujourd’hui. Il avait pris trop d’importance dans sa vie.







 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:38 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 17
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— Quand un homme embrasse une femme comme vous venez de le faire, cela confère à celle-ci certains droits, vous ne croyez pas ?
— Des droits ou des prérogatives ?
Ses intonations métalliques reflétaient une colère froide. Manifestement, il n’avait pas l’intention de lui concéder quoi que ce soit.
— A vous de me le dire.
Il jura tout bas, puis lâcha d’une voix cinglante :
— Je ne suis pas amoureux de mon ex-femme.
— Mais elle est loin de vous être indifférente.
— Si ce n’était pour ma fille, j’aurais rompu tout contact avec elle depuis longtemps. Tina a détruit tout sentiment en moi le jour où elle est partie. Une femme capable d’abandonner son enfant ne mérite que du mépris.
— Comment a-t elle pu ? murmura Meredith d’une voix étouffée. Etre mère est un tel don du ciel…
Elle s’interrompit brusquement tandis que des larmes scintillaient dans ses yeux.
— Je donnerais n’importe quoi pour connaître ce bonheur.
Le visage tendu de Cooper s’adoucit.
— L’instinct maternel n’est pas inné chez toutes les femmes, Meredith. Tina a oublié l’espace d’une soirée qu’elle était une maman avant d’être une romancière à succès, et vous avez vu le résultat.
— Vous n’allez quand même pas le lui reprocher jusqu’à la fin de ses jours ?
— Pourquoi pas, si cela doit protéger Holly ?
Il l’observa dans le halo faiblement coloré des lampions et secoua la tête.
— Quoi qu’il en soit, Tina n’a strictement rien à voir avec ce qui vient de se passer. Je vous ai embrassée parce que j’en avais envie, tout simplement. Il s’agit d’une banale attirance physique. Vous en êtes victime comme moi, et c’est ça qui vous effraie.
Voilà, elle avait sa réponse. Pour Cooper, le désir n’était qu’une réaction mécanique. Pour elle, c’était infiniment plus complexe.
— Je regrette, Cooper, mais le sexe est rarement quelque chose de banal et de simple pour une femme. Ça ne l’est pas pour moi, en tout cas. Et si je fais l’amour avec un homme, j’estime être en droit d’espérer autre chose de lui qu’une pulsion passagère, un soir de bal. Je ne suis pas venue à Harmony Hollow pour qu’on me brise le cœur une deuxième fois.
Un silence pesant s’abattit entre eux, puis les paupières de Cooper se plissèrent.
— Alors, tenez-vous à distance, Meredith. Je n’ai aucune intention de nouer une relation sérieuse avec qui que ce soit. J’espérais seulement que nous pourrions partager quelques instants de plaisir, et oublier momentanément nos soucis.
Seul un sursaut de fierté permit à Meredith de redresser les épaules, et de lui répondre avec une politesse glacée :
— N’ayez crainte, je n’aurai aucun mal à vous éviter. J’ai déjà eu affaire à des hommes qui s’imaginent que leur cœur et leur corps fonctionnent séparément.
Elle s’éloigna et regagna la fourgonnette avant de se ridiculiser complètement. Elle tuerait dans l’œuf ses sentiments pour Cooper, et consacrerait toute son attention à Holly. C’était uniquement dans ce but qu’elle était venue à Harmony Hollow.







 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:39 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 18
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Chapitre : 7


Le soleil tapait dur sur la cour de l’école, ce samedi matin-là, lorsque Jake lança le ballon de basket à Cooper. Il le manqua de quelques centimètres, et courut le chercher en jurant tout bas.
— C’est la deuxième fois que tu rates une passe simple, lui cria Jake. Que t’arrive-t il ?
Cooper dribbla et envoya le ballon à Daniel.
— Rien du tout.
Daniel haussa les sourcils et adressa à Jake un regard entendu.
— Si tu veux mon avis, ça a un rapport avec le professeur de Holly. Il t’a dit qu’une belle blonde habitait sous son toit ?
Jake s’essuya le front d’un mouvement du poignet.
— La blonde renversante avec laquelle tu dansais près du lac ?
— Merci, Daniel, pesta Cooper.
— A quoi servent les amis ? s’esclaffa Daniel.
Jake feinta avec la rapidité d’une panthère, et vola le ballon à Cooper.
— Et alors, qu’est-ce qui cloche avec ta beauté blonde ?
Cooper s’approcha de la clôture avec un soupir exaspéré, et saisit sa serviette. Tout en épongeant son visage en sueur, il tenta de mettre un peu d’ordre dans ses pensées. Le baiser passionné qu’il avait échangé avec Meredith, la déception dans ses yeux quand il lui avait avoué ne s’intéresser qu’au sexe, l’avaient affecté plus qu’il n’aurait voulu l’admettre.
La jeune femme ne lui avait pas adressé la parole de toute la semaine, sauf en présence de Holly. Mais comment s’en étonner, alors qu’il lui avait conseillé de se tenir à distance ? Il aurait probablement dû se montrer un peu plus subtil, mais le tact n’avait jamais été sa principale qualité. Il aurait été mieux avisé de…
Balivernes. La présence de Meredith sous son toit le rendait fou, voilà la vérité. Et le fait qu’elle le traite comme un pestiféré n’y changeait rien. Cette femme l’obsédait. Jamais il n’avait ressenti quelque chose de comparable pour Tina, même à l’époque de leurs fiançailles.
Il s’aperçut que Jake et Daniel attendaient, goguenards, une explication, et reposa sa serviette avec agacement. S’ils espéraient un long discours, ils allaient être déçus.
— A cause de son accident, Holly a manqué l’école pendant trois mois, et j’ai pris du retard dans mes commandes. J’ai donc engagé une aide à domicile. Meredith Preston donne des cours de rattrapage à ma fille et s’occupe de la maison. Point final.
— Et… ? insista Jake.
— Et rien. Elle s’en va à la fin de l’été.
— Elle est du coin ?
— Non. Elle habite en Pennsylvanie. Tu es satisfait ? On peut reprendre la partie ?
— J’ai dans l’idée que tu ne me dis pas tout. Je ne suis pas resté jusqu’à la fin du bal, mais je vous ai vus vous diriger vers un lieu isolé, tendrement enlacés…
Un épais silence flotta entre eux, puis Cooper poussa un soupir exaspéré.
— D’accord. Meredith est une femme superbe et je ne suis pas de bois. Mais elle n’est pas du genre à se contenter d’une aventure sans lendemain.
— Elle t’a envoyé sur les roses, exact ? demanda Jake avec un sourire ironique.
— Jake…, l’avertit Daniel.
Cooper grinça des dents. Jake se montrait volontiers cynique depuis son divorce. Daniel avait toujours été plus diplomate. Mais ils étaient tous les deux des amis sincères et dévoués.
— J’ai effectivement essayé de coucher avec elle, mais elle m’a adressé une fin de non-recevoir, articula-t il d’une voix faussement détachée. On peut continuer la partie, maintenant ?
Jake se massa le menton.
— J’ai dans l’idée que tu n’as pas fini d’en baver d’ici à fin de l’été. Un conseil : prends des douches glacées.
Cooper frappa le ballon par surprise, l’arrachant aux mains de Jake. Il dribbla, se détendit et marqua un panier. Jake et Daniel se précipitèrent pour attraper le ballon au rebond, mais Cooper fut de nouveau plus rapide et marqua un deuxième panier.
Il n’allait certainement pas perdre le sommeil sous prétexte qu’une créature de rêve dormait sous son toit. C’était une simple question de discipline.
Et de volonté.
Le magasin de Cooper se trouvait en plein centre-ville, dans une petite rue parallèle à l’artère principale. Meredith eut du mal à se garer, et cherchait les raisons d’une telle affluence un lundi matin quand elle aperçut une immense affiche sur la vitrine : Soldes d’été. Voilà pourquoi elle n’avait pas réussi à joindre Cooper au téléphone.
Neuf jours s’étaient écoulés depuis le bal. Neuf jours pendant lesquels elle s’était efforcée d’ignorer sa voix chaude et grave, ses regards pensifs et les ondes électriques qui continuaient à vibrer entre eux dès qu’ils étaient dans la même pièce. Quand Holly était présente, elle discutait avec lui de son travail, de ses progrès, de ses séances de rééducation, ou de la météo. Mais elle veillait à ne jamais se mettre en situation de le toucher, même par mégarde.
La veille, elle avait pris sa journée. Elle en avait profité pour visiter les alentours et s’offrir une séance de cinéma. A son retour, elle avait poliment souhaité bonne nuit à Cooper, avant de monter voir Holly. Les chatons étaient en pleine forme. Ils avaient reçu leur premier vaccin et faisaient déjà les quatre cents coups dans la chambre. Une fois couchée, elle n’avait pu se résoudre à s’endormir. Cooper était trop présent dans ses rêves. Elle en arrivait presque à souhaiter qu’ils soient au moins amis, à défaut d’autre chose.
— Vous croyez que papa nous autorisera à aller ramasser des pierres ? demanda Holly en détachant sa ceinture de sécurité.
— Nous verrons bien. S’il n’est pas d’accord, nous arracherons les mauvaises herbes du potager.

Elles avaient planté des carottes, des radis, des tomates et des laitues dans le carré qu’il avait labouré à leur intention. Et devant la maison, elles avaient semé des pensées, des pétunias et des dahlias. Les cours de botanique devenaient un plaisir quand on mettait la main à la pâte.
Le magasin était bondé. A peine la porte franchie, Holly lâcha la main de Meredith.
— Je vais voir si papa est dans son bureau, annonça-t elle en se dirigeant vers le fond de la boutique.
Meredith décida d’attendre dans la salle d’exposition. Elle examinait une magnifique salle à manger quand une cliente installée sur un canapé avec un livre d’échantillons de tissus leva les yeux vers elle.
— Puis-je vous demander un conseil ?
Lorsqu’elle avait emménagé avec Brian dans leur nouvelle maison, elle s’était chargée elle-même de la décoration. Elle avait toujours aimé assortir les coloris, les tissus et les textures.
— Très volontiers, acquiesça-t elle en lui rendant son sourire.
— Quel revêtement choisiriez-vous pour ce canapé ?
Meredith s’assit à côté d’elle.
Les soldes d’été attiraient toujours beaucoup de monde à la boutique. Cooper venait d’enregistrer un bon de commande et le classait dans un dossier, quand il aperçut Holly sur le seuil de son bureau.
— Bonjour, poussin. Que se passe-t il ?
— Meredith et moi on voudrait te demander quelque chose, mais ta ligne est occupée depuis ce matin.
Cooper lança un bref regard à sa secrétaire. Elle discutait au téléphone au sujet de l’annonce publicitaire qui paraîtrait dans le journal du dimanche.
— Où est Meredith ?
— Elle se promène dans le magasin.
Son attitude n’avait pas changé. Elle continuait à se montrer polie en présence de Holly, et à lui battre froid quand elle n’était pas là. C’était à devenir fou. Et pourtant, il ne parvenait pas à trouver une solution qui ne passe pas par son lit. Jake ne s’était pas trompé quand il lui avait préconisé des douches glacées.
Cooper ramena son attention sur sa fille et lui sourit.
— Que voulais-tu me demander ?







 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:41 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 19
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On peut aller ramasser des cailloux le long du lac ? Meredith en a vu de très beaux le jour de la fête de la fraise.
Cooper avait toute confiance dans la façon dont Meredith s’occupait de Holly. D’ailleurs, elle ne prenait jamais une décision sans le consulter.
— Tu as envie d’y aller ?
— Oh oui ! Meredith va acheter un kit de polissage et on fabriquera des presse-papiers, ou même des colliers ! Ce sera génial.
— Tu as raison, ce sera sûrement génial. Viens, allons la rejoindre.
En l’apercevant, Cooper fut de nouveau frappé par sa beauté. Son chemisier de coton rose et son jean soulignaient la finesse et l’élégance naturelle de sa silhouette. Il s’aperçut qu’elle discutait avec l’une de ses plus fidèles clientes et marqua un temps d’arrêt, stupéfait. Mme Barlow était une femme charmante, mais totalement incapable de prendre une décision. Il lui fallait toujours des heures pour faire son choix.
Elle l’accueillit avec un sourire enthousiaste.
— Cooper, vous devez absolument engager cette jeune femme ! Ses conseils valent de l’or ! Pour le canapé, je vais prendre un tissu à grosses fleurs, et de l’uni dans une teinte complémentaire pour les deux fauteuils. Pouvez-vous enregistrer ma commande ?
Cooper n’en crut pas ses oreilles. Mme Barlow ne s’était jamais décidée aussi rapidement.
— Accordez-moi une minute et je suis à vous.
Il entraîna Meredith et Holly à l’écart mais, lorsque son regard croisa celui de la jeune femme, il oublia complètement ce qu’il allait dire.
— Alors, papa ? On peut ? s’impatienta Holly.
Cooper détacha ses yeux de ceux de Meredith, et se souvint de la requête de sa fille.
— C’est d’accord. Mais à condition de ne pas t’approcher de l’eau.
— Oh non…
— C’est à prendre ou à laisser, Holly.
La fillette poussa un soupir résigné.
— Bon. Je suppose que je n’ai pas le choix. Mais je pourrai monter Gypsy, ce soir ?
La fillette devenait experte en négociations.
— Entendu. Mais je veux que tu te reposes cet après-midi. Promis ?
Holly lui sourit.
— Promis. Merci, papa.
— Je veillerai à ce qu’elle ne se fatigue pas, affirma Meredith comme la petite fille se dirigeait vers l’entrée du magasin. Un peu de marche au soleil lui fera du bien.
— Sûrement, acquiesça-t il machinalement. Mais ce n’était pas à Holly qu’il pensait en cet instant.
— Je vous laisse travailler, murmura Meredith en se détournant.
Il lui saisit le bras et s’attira un regard surpris.
— Je voulais juste vous remercier de vous être montrée aussi patiente avec Mme Barlow, articula-t il en la lâchant.
— Il n’y a pas de quoi. J’ai toujours aimé la décoration d’intérieur. Si je ne trouve pas un poste d’enseignante à la rentrée, je pourrai toujours poser ma candidature chez un marchand de meubles.
Ses yeux verts scintillaient, et il se demanda si elle était sérieuse ou si elle cherchait seulement à le taquiner.
— Meredith, vous venez ? cria Holly.
— A ce soir.
Elle lui adressa un sourire poli et s’éloigna.
Comme elle quittait le magasin aux côtés de sa fille, Cooper réalisa tout à coup qu’il n’avait pas envie de la voir partir à la fin de l’été. Pas la moindre envie.
Planifier les repas n’était plus un problème, constata Meredith en glissant son rôti dans le four. Non seulement elle bénéficiait des conseils avisés de son boucher, mais Nancy, la kinésithérapeute de Holly, lui avait prêté un livre de cuisine bourré de recettes faciles et succulentes.

Elle réglait le minuteur quand le téléphone sonna.
— Résidence Murphy, déclara-t elle tout en


surveillant par la fenêtre Holly qui jouait dans le jardin avec les chatons.
— Bonjour. Je suis la mère de Holly.
— Oh. Bonjour, madame…
— Madame Dade. J’ai repris mon nom de jeune fille. Vous devez être Meredith ?
— En effet. Je vais chercher Holly, madame Dade. J’en ai pour une minute.
— Attendez, je… j’aimerais parler un peu avec vous. Cette situation est tellement absurde. Ma fille me manque horriblement alors que vous, vous passez tout votre temps avec elle…
Meredith garda le silence. C’était Tina qui l’avait voulu. Regrettait-elle son choix ?
— J’ai demandé à Cooper de m’envoyer Holly quelques jours avant la rentrée des classes, mais il s’y oppose. Peut-être pourriez-vous l’amener à changer d’avis ?
— C’est un problème entre son père et vous. Je n’ai pas à m’en mêler.
— Je n’en suis pas si sûre. Holly a beaucoup d’affection pour vous, et je suis sûre que c’est réciproque.
— C’est une petite fille merveilleuse.
— Oui, et je l’aime infiniment, même si Cooper vous a raconté le contraire. Il voudrait que ce soit moi qui vienne à Harmony Hollow, mais Holly adore New York. Nous y avons passé des moments formidables toutes les deux.
— Cooper ne songe qu’à l’intérêt de Holly.
— Son intérêt ne consiste pas à l’enfermer dans une bulle protectrice.
Tina avait raison sur ce point, reconnut Meredith.
— Vous voulez bien essayer d’intercéder en ma faveur ?
— Je ne sais pas si…
— S’il vous plaît, Meredith, essayez. Et parlez-en avec Holly. Elle a très envie de venir. Si vous parvenez à en convaincre Cooper, il acceptera peut-être de la laisser partir.
— Je vais y réfléchir, madame…
— Tina. Et merci. Je sais que le bonheur de Holly vous tient à cœur. Elle est près de vous ?
— Je vais la chercher.
Tout en sortant dans le jardin, Meredith se demanda avec un peu d’inquiétude si elle ne venait pas de commettre une erreur.
Cooper avait passé la journée à accueillir ses clients et à donner des renseignements par téléphone. En temps normal, il serait resté au magasin jusqu’à la fermeture, mais il avait promis à Holly de l’emmener faire un tour avec Gypsy. Il confia donc le navire à son équipe de vendeurs, et rentra à la maison. Meredith avait tenu le dîner au chaud, mais semblait étrangement nerveuse. Manifestement, quelque chose la préoccupait. Il devait lui parler, de toute façon. Peut-être découvrirait-il par la même occasion ce qui n’allait pas.
Après le dessert, Holly fila à l’écurie. Meredith posa les assiettes dans l’évier pendant que Cooper rassemblait les couverts.
— J’ai reçu un coup de téléphone de Mme Barlow, cet après-midi. Elle a parlé de vous à deux de ses amies, qui aimeraient vous rencontrer afin de vous demander des conseils de décoration.
Meredith tourna vers lui un regard stupéfait.
— Vous plaisantez ?
— Pas du tout. J’ignore ce que vous lui avez dit, mais vous l’avez impressionnée. Elle propose de vous verser vingt-cinq dollars de l’heure pour une consultation. Naturellement, elles achèteraient le mobilier chez moi.
Meredith repoussa ses cheveux derrière son oreille. Cooper connaissait la signification de ce geste : c’était signe qu’elle cherchait à gagner du temps avant de prendre une décision.
— Je suis flattée, commenta-t elle au bout d’un moment.
Il attendit.
— Vous voulez que j’accepte ? demanda-t elle lentement.
— C’est à vous de décider, Meredith. J’ai seulement promis à Mme Barlow de vous transmettre sa requête.
— Cela vous aiderait professionnellement ?
— Probablement. Mais vous n’êtes tenue à rien. Je vous ai engagée pour vous occuper de Holly, pas pour vendre des meubles.
Elle esquissa un sourire.
— Je crois que ça m’amuserait assez d’essayer. A condition d’avoir accès à tout votre catalogue.
— Réfléchissez bien : si elles aiment vos idées, elles en parleront à leurs amies. Clarice Barlow est la présidente du club des seniors de Harmony Hollow, et elle fréquente deux cercles de bridge. Vous risquez d’être très sollicitée, précisa-t il d’un ton amusé.
Elle éclata de rire et il fut saisi d’une telle envie de la dévorer de baisers qu’il se détourna pour ranger les couverts dans le lave-vaisselle.
— Cooper, il y a une chose dont je souhaiterais vous parler, murmura-t elle d’une voix hésitante.
Il se redressa.
— Une nouvelle requête concernant Holly ?
La fillette lui avait montré sa collection de pierres et lui avait raconté leur expédition avec enthousiasme. Meredith s’essuya les mains et pivota vers lui.
— Non.
Elle repoussa de nouveau ses cheveux derrière son oreille.
— Tina a téléphoné tout à l’heure.
Il se raidit.
— Et ?







 

 
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ÞÏíã 02-11-2008, 10:42 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 20
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Tout de suite après, j’ai eu une longue conversation avec Holly. Sa maman lui manque, Cooper. Elle a très envie d’aller la voir à New York. Ne pouvez-vous reconsidérer votre décision ?
Une colère froide envahit Cooper. L’impudence de Tina ne l’étonnait pas. Il la savait prête à tout pour parvenir à ses fins. Pourtant, Meredith connaissait parfaitement les raisons de son refus… et son sentiment sur le sujet.
— Vous perdez votre temps. Holly restera ici. Sa mère espère sans doute l’impressionner avec ses voitures de luxe, ses bijoux clinquants et ses vêtements griffés, mais ma fille n’a pas besoin de ça pour être heureuse.
— Toute expérience est enrichissante, Cooper. Si vous l’empêchez de faire ses propres choix, elle vous le reprochera tôt ou tard. Et si vous lui interdisez de voir sa mère, elle finira un jour par se révolter.


— Possible. Mais, au bout du compte, elle me remerciera de l’avoir protégée.
— Elle ne verra pas les choses ainsi.
— Qu’en savez-vous ?
— J’ai perdu ma mère quand j’avais dix ans. Je connais cet insoutenable sentiment de manque, de vide

angoissant… Si vous refusez à Holly la permission de voir sa maman alors qu’elle a besoin d’elle, elle…
— Vos problèmes n’ont strictement aucun rapport avec ceux de ma fille ! Vous n’étiez pas là quand sa mère est partie, vous n’avez pas vu dans quel état la petite se trouvait. C’est moi qui ai séché ses larmes, moi qui l’ai bercée quand elle se réveillait la nuit, moi qui lui ai affirmé que sa mère l’aimait toujours, alors que rien n’était moins sûr. Mon ex-femme a brisé le cœur d’une petite fille. Alors ne venez pas me raconter qu’elle désire le bonheur de Holly. Vous ne savez rien de ce que ma fille a enduré !
Les pommettes de Meredith s’empourprèrent de colère.
— Vous n’avez pas le monopole de la souffrance et de la trahison !
Son besoin de la toucher était si fort qu’il ne put résister plus longtemps. Il lui saisit le menton.
— Qui vous a trahie ?
Elle se dégagea d’un mouvement brusque, et darda sur lui un regard accusateur.
— Il faut être logique avec soi-même, Cooper. Vous voulez que je garde mes distances, oui ou non ?
— Et si j’avais changé d’avis ?
Elle jeta son torchon sur le comptoir.
— Je n’ai rien d’une nounou complaisante, qui…
Il la prit dans ses bras d’un geste impulsif.
— Vous êtes tout sauf complaisante, souffla-t il avant de s’emparer de ses lèvres.
Leur baiser fut aussi ardent et passionné qu’il l’avait pressenti. Meredith agissait sur lui comme une drogue, envahissant tout son être sans qu’il puisse résister. Elle noua fiévreusement ses bras autour de son cou et il la plaqua contre lui, s’émerveillant de la perfection avec laquelle son corps s’ajustait au sien. Leurs souffles n’en formèrent plus qu’un, leur rythme cardiaque s’affola tandis qu’il explorait sa bouche, lui arrachant des murmures voluptueux.
Des images érotiques, nées de son imagination, passaient devant ses yeux, menaçant de le rendre fou. Meredith faisait-elle l’amour avec autant de fougue ? Avec un abandon qu’il n’avait rencontré chez aucune femme avant elle ? Etait-elle timide, réservée, ou audacieuse ?
Ses pensées volèrent brusquement en éclats. Avant qu’il ait pu esquisser un geste pour la retenir, Meredith avait échappé à son étreinte et reculé d’un pas, le souffle court. Il fut un instant tenté de la reprendre dans ses bras, puis y renonça. Il la voulait consentante, ou pas du tout.
— Pourquoi avez-vous fait ça ? demanda-t elle d’une voix heurtée.
— Pourquoi j’ai fait ça ?
Il n’était pas question qu’il endosse seul la responsabilité de ce baiser. Il en avait pris l’initiative, soit, mais elle avait répondu avec une passion égale à la sienne.
Meredith rougit violemment et le dévisagea comme si elle envisageait de lui arracher les yeux.
— Je ne vous comprends pas, Cooper. Vous me demandez de garder mes distances et, l’instant d’après, vous…
— C’est pourtant simple. Je vous désire comme un fou, autant que vous me désirez.
— C’est mon corps que vous désirez, Cooper, pas moi. Il y a une énorme différence !
— Vous ne pensiez pas à cette différence, il y a une minute.
— Je ne pensais pas du tout. J’étais submergée par mes émotions. Et vous ?
Qu’attendait-elle de lui ? Qu’il remplace le mot désir par amour ? Très peu pour lui.
— C’était très agréable, déclara-t il d’un ton nonchalant.
Meredith dénoua son tablier d’une main tremblante et le jeta sur le comptoir.
— Je vais prendre l’air. Je finirai de ranger plus tard.
— Meredith…
— Si vous ajoutez un seul mot, je boucle mes valises.
Cooper n’avait jamais cédé à une menace quelle qu’elle soit. Mais il ne voulait pas qu’elle parte. Sa présence lui était devenue indispensable, même s’il ne parvenait toujours pas à s’expliquer pourquoi.
Il garda donc prudemment le silence tandis que la jeune femme quittait la cuisine d’un pas rageur.
Mais, tandis qu’il rejoignait Holly à l’écurie, il réalisa qu’il regrettait amèrement d’avoir rencontré Meredith Preston et de l’avoir engagée.
Cette femme était tout simplement en train de lui gâcher l’existence.







 

 
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